[ESR] Châteauroux : fermeture d’une licence sans concertation

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques a été informée que le vice‑président Formation est venu annoncer aux étudiants de la licence Économie‑Gestion du Centre d’études supérieures (CES) de Châteauroux la fermeture progressive de leur filière à partir de la rentrée 2026.

Lettre ouverte au président de l’université d’Orléans et au recteur de l’académie d’Orléans-Tours, chancelier des universités

La licence d’Economie-Gestion ferme en 2026 au  recrutement en L1 sur Parcoursup dès 2026 puis de la L2 en 2027‑2028, pour aboutir à la disparition de la L3 et de la licence à Châteauroux en 2027‑2028.

Nous découvrons ainsi, a posteriori, une décision lourde de conséquences pour les étudiants, les personnels et le site de Châteauroux, dont la vocation affichée est précisément de proposer des formations de même qualité, avec les mêmes exigences et les mêmes enseignants que sur le campus d’Orléans, afin de permettre à un public souvent issu de milieux modestes d’accéder à l’enseignement supérieur sans supporter des coûts supplémentaires de logement et de transport.

Or, plusieurs éléments nous interrogent vivement :

D’abord, les motifs invoqués – faibles effectifs, difficultés en mathématiques des bacheliers depuis la réforme du baccalauréat, mais aussi refus officieux d’une partie des collègues d’Orléans de continuer à se déplacer à Châteauroux – relèvent de choix politiques et organisationnels qui méritent un débat collectif, et non une simple information descendante auprès des étudiants.

Ensuite, la seule solution proposée aux étudiants qui ne parviendraient pas à valider chaque année du premier coup serait de « terminer leur parcours à Orléans », en minimisant l’impact financier considérable que cela représente pour les familles (logement, déplacements, coût de la vie), alors même que la licence d’économie‑gestion joue un rôle majeur d’ascenseur social pour le territoire.

Un déficit démocratique

Enfin, et c’est pour nous un point particulièrement grave, aucune discussion approfondie ne semble avoir eu lieu ni en CFVU, ni en CSA sur cette fermeture de formation :

    • la CFVU n’a, à ce jour, pas examiné ni débattu publiquement de la suppression de la licence Économie‑Gestion de Châteauroux, alors qu’elle est la première instance compétente pour se prononcer sur l’offre de formation et ses évolutions ;​
    • le CSA n’a, de son côté, pas été saisi de manière formelle des conséquences de cette fermeture sur l’organisation du travail, les conditions d’emploi et les missions des personnels du CES, comme si ces effets collatéraux pouvaient être gérés en marge des instances représentatives.

L’université est pourtant censée être un lieu où les décisions structurantes pour l’offre de formation et l’avenir des sites sont discutées, éclairées et assumées, dans le respect des prérogatives de ses conseils et des représentants des personnels et des usagers. Le fait qu’une décision de cette ampleur semble avoir été arrêtée « on ne sait où ni par qui » et simplement communiquée aux étudiants, sans débat CFVU ni examen en CSA, pose un sérieux problème de méthode et de respect de la démocratie universitaire.

Au regard de ces éléments, la CFDT demande :

  1. Qu’un point spécifique sur la fermeture de la licence Économie‑Gestion à Châteauroux soit inscrit à l’ordre du jour de la prochaine CFVU, avec présentation des motifs, des scénarios étudiés, des impacts attendus sur les étudiants et sur le territoire, ainsi que des alternatives envisagées.
  2. Que le CSA soit saisi formellement pour examiner les conséquences de cette décision sur l’organisation du travail, les emplois, les charges d’enseignement et de support au CES de Châteauroux, et sur les conditions de travail des personnels concernés.
  3. Qu’un document écrit et transparent soit transmis aux représentants des personnels et des usagers, détaillant :
    • la chaîne de décision (instances consultées, avis rendus, dates) ;
    • les études d’impact réalisées (sur les effectifs étudiants, sur l’égalité d’accès aux études supérieures, sur l’insertion professionnelle des diplômés, sur l’équilibre du site) ;
    • le calendrier précis et les mesures d’accompagnement prévues pour les promotions en cours et pour les personnels.
    • le projet de structuration de l’enseignement supérieur à Châteauroux

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques considère que la fermeture d’une filière qui a, depuis son ouverture, permis à de nombreux jeunes de devenir diplômés du supérieur et d’accéder à des carrières variées et épanouissantes ne peut se décider ni se mettre en œuvre en catimini.

C’est un choix qui engage l’égalité des chances, l’avenir d’un territoire et la cohérence du projet d’établissement : il doit être assumé, débattu et documenté.