Dés le 9 mars, l’ensemble des personnels du Plat d’étain sera invité à participer à la présentation des perspectives proposés par un prestataire extérieur sur la réorganisation des locaux sur le site du plat d’Etain.
Réorganisation des espaces de travail du Plat d’Étain : lancement d’une étude globale
L’université engage donc en 2026 une étude approfondie de réorganisation des espaces de travail sur le site du Plat d’Étain. Cette démarche, présentée au CSA du 12 février 2026, s’inscrit à la croisée des obligations réglementaires, des évolutions des modes de travail et des besoins des agent·es et des usager·es.
Ce projet a été lancé initialement par la présente équipe de gouvernance dans le cadre d’un objectif d’un COMP (tiens, tiens) avec un minimal de transparence dans l’implication des élus à la formation spécialité sécurité, santé et conditions de travail notamment dans la rédaction de l’appel d’offre.
Un projet né du décret tertiaire et de l’essor du télétravail
Le point de départ du projet est le décret tertiaire n°2019‑771 du 23 juillet 2019, qui impose aux acteurs publics des objectifs ambitieux de réduction des consommations énergétiques. L’université a constaté que les seuls travaux sur le bâti (isolation, rénovation énergétique) ne suffiront pas pour atteindre les cibles fixées : il devient nécessaire d’agir aussi sur l’occupation et l’organisation des locaux.
Parallèlement, la généralisation du télétravail après la crise COVID a profondément modifié les pratiques : le cadre actuel permet 2 jours de télétravail, avec des régimes dérogatoires allant jusqu’à 3 jours hebdomadaires. Les agent·es bénéficiant de 3 jours de télétravail n’ont plus de bureau attitré, et la mobilité (réunions, formations, travail sur un autre site) se développe. Le taux d’occupation des bureaux devient très variable d’un jour à l’autre, certaines équipes ne se retrouvant en présentiel qu’une journée par semaine, avec un risque de fragilisation du lien social.
Enfin, la réussite à plusieurs appels à projets a permis des recrutements supplémentaires, ce qui augmente encore la variabilité du nombre de personnes par bureau et rend nécessaire une réflexion d’ensemble sur l’adéquation entre effectifs, usages et surfaces disponibles.
Pourquoi recourir à une prestation externe ?
Pour mener cette étude, l’université a choisi de recourir à un prestataire externe, estimant que les compétences requises ne sont pas toutes présentes en interne. Le cahier des charges combine en effet :
- Expertise en relations humaines, pour formuler des préconisations sur l’organisation du travail et le management.
- Compétences en conduite du changement, afin d’accompagner les agent·es dans les évolutions envisagées.
- Savoir-faire en architecture et ergonomie des espaces de travail, pour concevoir des aménagements adaptés.
- Capacité à estimer les travaux à réaliser et les économies d’énergie associées.
Et peut-être parce qu’une culture du dialogue social semble manquer …
Faire appel à un prestataire permet également de bénéficier d’un regard global sur le site et d’une animation neutre des échanges, en mettant les agent·es et les usager·es au cœur de l’élaboration des scénarios d’optimisation.

Une consultation structurée et un titulaire désigné
Le choix du titulaire a été validé le 2 décembre 2025 et le marché notifié le 19 décembre 2025. Le groupement retenu associe Les Sismo et Opencommunities, pour un montant de 57 246 € TTC. Les principaux atouts retenus sont :
- Une bonne compréhension des enjeux de l’étude ;
- Une démarche centrée sur les agent·es et les usager·es, avec des panels variés mobilisés dans la construction des scénarios ;
- Un travail explicite sur les « irritants » et les craintes liées à la réorganisation, intégrés dans la démarche d’accompagnement au changement.
La CFDT note que le prestataire Sismo est une société coopérative ouvrière de production (SCOP) où face à la défaillance du patronat, les salariés pour sauver leur boite en détiennent majoritairement le capital de la société comme récemment Duralex entreprise reprise par les salariés grâce à l’action de la CFDT de cette entreprise emblématique de l’orléanais.
Les objectifs de l’étude : sobriété énergétique et qualité de vie au travail
Le prestataire devra proposer trois scénarios d’optimisation des espaces de travail, avec des niveaux d’intensité croissants et, pour chacun, une méthodologie d’accompagnement du changement que l’établissement pourra mettre en œuvre.
Ces scénarios devront répondre simultanément à plusieurs objectifs :
- Intégrer les injonctions de réduction des coûts énergétiques imposées par le décret tertiaire ;
- Diversifier les types d’espaces (bureaux de passage, espaces de co‑working, salles dédiées à certains usages comme une salle d’allaitement, etc.) pour répondre à l’évolution des modes de travail ;
- Prendre en compte la modularité des effectifs présents sur site (recrutements, fins de projet, variations du télétravail).
Au‑delà des mètres carrés, les optimisations attendues doivent améliorer la qualité de vie au travail des agents du Plat d’Etain.
Pour la CFDT, un projet de réorganisation des espaces de travail doit prendre en compte plusieurs axes :
- La priorité doit être donnée à la qualité de vie au travail et au maintien du lien social, pas seulement sur l’optimisation énergétique et la rationalisation des surfaces.
- Une analyse précise doit être réalisée sur la prévention des risques psychosociaux liés au nomadisme et au flex office et des garanties doivent être
obtenues sur le maintien de bureaux attribués pour les agents les plus présents sur site, sur les collectifs de travail fragiles ou exposés. - L’usage des résultats de l’étude doit être encadré : pas de suppressions de postes ni de dégradation des conditions de travail au nom de la seule « optimisation » des locaux.
- La CFDT pose des exigences fortes de transparence et d’association des agents : information régulière, temps de concertation réelle, prise en compte des retours des panels et des focus groups dans les scénarios finaux.
- Un bilan QVT avant / après, avec indicateurs de suivi (satisfaction, bruit, concentration, santé, télétravail, usage des espaces) doit être présenté au CSA pour que la réorganisation ne soit pas un simple projet immobilier mais bien un projet de travail.
Vous êtes intéressé·es par la question des organisations ou accompagner votre collectif de travail, vous propose des formations et des supports d’analyses et de réflexions.