LGBT+ : soyons fiers de nous engager

Les chiffres sont têtus, et terriblement dramatiques : selon le dernier baromètre de l’association L’Autre Cercle, 36 % des salariés LGBT+ déclarent avoir été victimes d’au moins une agression – moquerie, mise à l’écart, violence physique… – sur leur lieu de travail.

 Une hausse de 8 points en un an. Pire, plus d’un tiers des salariés LGBTQIA+ disent également avoir été victimes de discrimination de la part de leur direction, soit une augmentation de 12 points !

La lutte contre la LGBTphobie se joue aussi au travail

Depuis 2005, le 17 mai est une journée de sensibilisation et de prévention pour agir contre la violence à l’égard des lesbiennes, gays, bisexuel(les), trans, et plus généralement l’ensemble des personnes regroupées sous l’appellation LGBTQIA+.

Si leurs expériences de vie sont extrêmement différentes (les unes revendiquant une orientation sexuelle et les autres une identité de genre), ces personnes sont encore trop souvent discriminées et victimes des mêmes stéréotypes et du même rejet de la part de personnes « homophobes ».

36% des salariés #lgbt+ disent avoir été victimes d’au moins une agression au travail
Plus d’1/3 des salariés #lgbtqia+ (37%) disent également avoir été victimes de #discrimination de la part de leur direction, une augmentation de 12 points.
Cette montée de l’hostilité et de la violence vis-à-vis des personnes LGBTQIA+ va de pair avec celle du sexisme et du masculinisme.

Être anti-LGBT+ désigne toute manifestation de mépris, de rejet ou de haine envers une personne ou un groupe de personnes en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, réelle ou supposée.

Elle peut prendre de multiples formes : de la moquerie aux violences physiques ou sexuelles, en passant par les insultes, la diffamation, les menaces, le harcèlement, les discriminations, l’appel à la haine, à la violence, voire au meurtre.

Le monde du travail n’est malheureusement pas épargné par cette violence. L’entreprise ou l’établissement public comme tous les lieux de vie sociale, est traversée par les mêmes rapports sociaux. Elle constitue donc un terrain où les préjugés, les stéréotypes et les discriminations se diffusent si on ne les combat pas activement.

D’après le dernier baromètre LGBT+ réalisé par l’Ifop pour l’association L’Autre Cercle, plus d’un salarié sur trois déclare avoir été victime d’une discrimination LGBTphobe de la part de sa direction, soit un chiffre en hausse de 12 points par rapport à 2024. Toujours dans la même enquête, 36% des personnes interrogées affirment avoir été « victimes d’au moins une agression sur leur lieu de travail au niveau national », un chiffre en hausse de 8 points.

Pour la CFDT, chaque personne doit être et se sentir respectée. Le combat contre les inégalités recouvre de multiples facettes, et la lutte contre les discriminations LGBT+ se joue partout, y compris sur son lieu de travail. En se battant pour l’égalité des droits dans le monde du travail, nous agissons au quotidien contre toutes les discriminations, quelles que soient leurs formes et leurs cibles.

Ces dernières ne se confondent pas et ne se combattent pas de la même manière, mais elles peuvent toutes relever de l’action syndicale. La CFDT au sein de l’éducation nationale comme au sein des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche s’engage chaque jour à lutter contre ces discriminations en faisant de l’égalité un levier de progrès social dans le monde du travail.

Fidèle à ses valeurs et à son engagement, la CFDT place la lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT+, au travail comme au sein de la société, au cœur de l’action syndicale. Cet engagement, la CFDT se l’applique aussi en tant qu’employeur, en signant de nouveau la Charte de L’Autre Cercle.

Cette charte nous implique et nous oblige, notamment pour créer un environnement professionnel inclusif, veiller à l’égalité de droit et de traitement, soutenir les salariés victimes de discriminations.

Comme depuis vingt-cinq ans, la CFDT rend visible son engagement pour promouvoir et défendre les droits des personnes LGBTQIA+, de manière festive et intergénérationnelle, en participant, sur tout le territoire, avec ses équipes locales et de nombreuses associations, aux Marches des Fiertés. Cette année, ce sont 84 marches qui sont recensées, contre 65 en 2025 : un record ! Mais déjà, plusieurs de nos équipes ont dû faire face aux tentatives d’opposition des nouveaux maires RN à la tenue de ces événements, révélant le vrai visage de ce parti, lgbtphobe et anti-républicain.

Alors, plus que jamais, soyons nombreuses et nombreux à participer à ces moments de fierté et de solidarité citoyenne afin de rendre visible le combat de la CFDT pour la défense des droits des personnes LGBTQIA+ au travail et dans la société !

Des observatoires contre les LGBTIphobies inégaux

Le ministère avait en effet demandé la création d’observatoires des LGBTIphobies dans chaque académie en 2023. Trois ans plus tard, force est de constater que ces observatoires ont beaucoup de mal à exister réellement, sauf exception. Les situations sont très disparates : de l’observatoire actif, réuni trois fois par an, à la coquille vide, on a toutes les configurations.

Il est en effet bien difficile de mettre en musique cette demande lorsqu’aucun moyen humain n’a été mis à disposition pour le faire.

Par ailleurs, les formations restent un point noir dans l’Éducation Nationale. Comment identifier et traiter les LGBTiphobies au travail sans plan de formation massif des personnels ?

Un outil pour rendre visibles les LGBTIphobies

Depuis plusieurs années maintenant des violentomètres sont proposés par des structures associatives et des administrations pour rendre visible des violences qui sans cela sont minorées voire invisibilisées. De la « mauvaise blague » à l’insulte ou l’agression, le spectre est large, et parfois difficile à évaluer dans un contexte de formations trop peu nombreuses.

Violentomètre à télécharger : (clic droit sur l’image « enregistrer sous »)

Recto Verso

Le 17 mai comme les autres jours, soyons donc attentifs et attentives au respect des droits des personnes LGBTI, et revendiquons les moyens pour le faire. Les LGBTIphobies pourrissent les conditions de travail des personnes concernées, elle sont un facteur majeur de risques psycho-sociaux et doivent être combattues.

Pour aller plus loin