[ESR UT] Budget 2027 : l’université de Tours ne peut plus avancer à moyens constants

Le débat d’orientations budgétaires 2027 confirme une réalité que la CFDT dénonce depuis longtemps : l’université de Tours reste sous-dotée par l’État, alors même que ses effectifs augmentent et que ses missions se complexifient.

Derrière une situation encore résiliente en 2025, les indicateurs de 2027 annoncent la dégradation préoccupante de la soutenabilité budgétaire du fait d’un critère : le ratio Dizambourg.

Une université qui réussit, mais sans les moyens

Le débat d’orientation budgétaire est un temps institutionnel qui doit déboucher sur une lettre d’orientation budgétaire qui trace les orientations du budget  … 2027. Ce débat a e

u lieu alors même que les universités n’ont toujours pas reçu le courrier spécifiant leur subvention pour …2026 et le DGESIP (Directeur Général de l’Enseignement Supérieur et de l’Insertion Professionnelle) a annoncé au CNESER du 12 mai que cela sera pour bientôt !

L’université de Tours enregistre une hausse de 935 étudiants et cette attractivité est une bonne nouvelle pour le service public d’enseignement supérieur, mais elle exige des moyens à la hauteur des besoins en formation, en accompagnement et en conditions de travail.

Le document présenté par la gouvernance le dit clairement : l’établissement subit une sous-dotation chronique de l’accompagnement de l’État, qui empêche de réaliser les projets « à la hauteur et en nombre » de ce qu’ils devraient être. Pour la CFDT, cette formule n’est pas un simple constat technique : c’est l’expression d’un manque de reconnaissance budgétaire qui pèse directement sur les personnels et sur les étudiants.

Car la réalité est maintenant bien connue. Avec un agent biatss contractuel sur deux, avec plus de 160 emplois permanents occupés par des collègues contractuels, c’est grâce à eux, grâce à une précarité accrue et des salaires contraints que l’université vit, que l’université peut proposer une offre de formation conséquente.

La précarité des uns et des unes permet de faire vivre notre offre de formation.

En finir avec le ratio Dizambourg

Si le résultat 2025 reste excédentaire et si la trésorerie demeure confortable, la trajectoire 2027 est inquiétante du fait d’un ratio, le ratio Dizambourg (rapport de la masse salariale sur les recettes). Le ratio Dizambourg atteint 82,1% en 2025 et les projections montrent une tension croissante sur les marges de manœuvre financières du fait de ratio.

Alors que la trésorerie et le fonds de roulement reprennent des couleurs. Le fonds de roulement (réserves) atteint 38 millions d’euros dont 17,9 millions d’euros libres d’emplois.

Or, si le ratio Dizambourg dépasse le seuil de 83% deux années de suite, l’université doit retrouver un plein d’équilibre et c’est bien là le problème, dénoncé également au conseil d’administration par le vice-président de la Métropole en charge de l’enseignement supérieur.

Ce ratio (au même que la contrainte des 3% de déficit imposé par l’Europe jusqu’à la guerre en Ukraine) n’a de sens que pour les libéraux : contraindre et précariser les emplois publics.

Car si l’Etat venait à donner 50 millions d’euros pour compenser les emplois manquants, mécaniquement, mathématiquement, nous augmenterions le ratio Dizambourg.

La CFDT alerte particulièrement sur le fait que les seuils prudentiels ne seront tenables qu’au prix d’efforts supplémentaires sur la masse salariale et les dépenses de fonctionnement, autrement dit au détriment de nos missions si l’État n’assume pas enfin sa part. On ne peut pas demander à l’université de tenir ses engagements avec une dotation structurellement insuffisante.

La CFDT dit stop à l’austérité silencieuse

La CFDT refuse que la soutenabilité budgétaire serve de prétexte à une gestion d’austérité permanente. L’université a besoin de postes, de financements pérennes, d’investissements utiles et d’une vision de long terme, pas de bricolages budgétaires successifs.

Les chiffres annoncés dans le DOB à défaut de choix montrent bien que l’établissement est contraint de piloter au plus près chaque dépense, alors que ses missions publiques ne cessent de s’élargir.

L’État doit prendre ses responsabilités et corriger enfin la sous-dotation constatée à Tours. Sans un soutien renforcé de la SCSP, les ambitions affichées resteront fragiles, et les personnels continueront de supporter la pression d’un sous-financement devenu structurel.