[UT] #Eaux troubles

Treize ans que la CFDT alerte l'établissement sans avoir de réponse claire sur l'état de l'eau potable au bâtiment A du Plat d'Etain. Il est temps d'avoir une communication transparente.

#Eaux troubles

La direction de l’établissement a communiqué ce 22 juin 2026 sur les résultats des prélèvements de l’eau « potable » du bâtiment A au Plat d’Etain :

Les résultats qui nous ont été communiqués montrent une concentration élevée en fer ce qui explique sa couleur brunâtre, notamment au retour des congés ou des week-ends. 

Nous vous demandons donc de ne pas boire cette eau et d’utiliser les bonbonnes à eau mises à votre disposition. Nous envisageons à court terme la mise en place de fontaines à eau, mais il nous reste à nous assurer que les filtres utilisés dans ces fontaines sont efficaces pour réduire cette concentration en fer. 

Par ailleurs, nous allons organiser les mêmes analyses dans les autres bâtiments du plat d’étain. Nous vous informerons évidemment des résultats.

En 2013, lors des F3S-CT du 14 mars et du 20 juin, la CFDT alertait la direction de l’établissement et demandait un traitement de l’eau du bâtiment A. Ainsi, dans un compte-rendu de cette instance on pouvait lire : « Régulièrement, l’eau du bâtiment A est de couleur rouille. Les analyses montrent que les normes bactériologiques et physico-chimiques sont respectées. Cependant, compte tenu de la persistance de cette coloration, des filtres seront installés sur le réseau d’eau potable avant le point d’usage. »

Depuis, en décembre 2021, après un nouveau signalement par des représentants de la CFDT, une partie des collègues du bâtiment A ont reçu une instruction de ne plus boire une eau impropre nécessitant l’installation de bombonnes d’eau en attendant les résultats de nouvelles analyses.

En 2026, une nouvelle communication plus explicite révèle enfin la réalité d’une présence en fer plus en deçà des normes préconisées avec des conséquences possibles sur la santé des personnels qui travaillent au Plat d’Etain.

Treize ans plus tard, nous sommes bien loin du principe de précaution et les collègues qui y travaillent souhaitent avoir des réponses sur l’eau consommée depuis tout ce temps.

Une forte présence de fer, quelle conséquence ?

Une forte présence de fer dans l’eau peut avoir des effets variés sur la santé, selon sa concentration, sa forme chimique et la durée d’exposition.

Quels sont les effets sur la santé humaine ?

À court terme, lorsqu’il s’agit d’exposition occasionnelle, l’eau riche en fer a souvent un goût métallique et peut tacher les vêtements ou la vaisselle mais une consommation élevée peut provoquer des nausées, des vomissements, des diarrhées ou des constipations, surtout chez les personnes sensibles.

À long terme, il s’agit d’une exposition chronique, le fer en excès s’accumule dans les organes (foie, cœur, pancréas), ce qui peut entraîner des lésions hépatiques, du diabète, des problèmes cardiaques ou des troubles articulaires.

Si l’université réagit, c’est bien parce que le seuil critique recommandé par l’OMS de 0,3 mg/L pour éviter les effets indésirables est largement atteint.

Au-delà de 2 mg/L, des risques pour la santé peuvent apparaître, surtout chez les personnes prédisposées (comme celles atteintes d’hémochromatose héréditaire) avec des effets sur la peau et les muqueuses : une eau très ferreuse peut irriter la peau ou aggraver l’acné chez certaines personnes et avoir un impact sur les populations vulnérables comme les personnes souffrant de maladies rénales ou hépatiques sont plus exposés aux risques.

Si le fer dans l’eau n’est pas toxique à faible dose, une exposition prolongée à des concentrations élevées peut poser des problèmes de santé. Si vous suspectez une surcharge, un avis médical est recommandé. Comme indiqué par la direction de l’établissement, la médecin du travail peut être sollicité.

En cas de complication médicale, la responsabilité de l’employeur peut être engagée en ne respectant pas l’article R4224-2 du code du travail (commun à la Fonction publique) qui rappelle que l’employeur met à disposition des travailleurs de l’eau potable et fraîche pour leur permettre de se désaltérer et de se rafraîchir. L’obligation de mettre à disposition de l’eau « potable » signifie que l’eau doit être propre à la consommation humaine, sans danger pour la santé et respectant les normes de potabilité.

Mais elle serait doublement engagée si depuis 2013, l’employeur a laissé ses agents consommés une eau impropre et pouvant avoir des effets sur la santé des personnels.

Si vous êtes concernés, contactez la CFDT.

Mais il est aussi et surtout temps que l’employeur communique sur la réalité des prélèvements réalisés depuis 2013.