[ESR – UT] les Tanneurs comme un brin de nostalegie …

L’inauguration du site rénové des Tanneurs est une avancée majeure pour la communauté universitaire, mais elle pose aussi des enjeux forts en termes de conditions de travail et de moyens que la CFDT porte.

Un site modernisé

Si la recherche de financement fût initiée sous le mandat de Loïc Vaillant, le projet final et le lancement des travaux furent réalisés sous le mandat d’Arnaud Giacometti qui sous la houlette du vice-président Sébastien Larribe a vu se concrétiser un véritable serpent de mer. Les travaux venaient compléter la rénovation de Thélème, la salle emblématique du site des Tanneurs réalisée sous le mandat de leur prédécesseur. Philippe Roingeard et son équipe ont soutenu le financement des aménagements complémentaires pour moderniser les espaces documentaires et les amphis.

Cette réussite n’a été possible que grâce à un investissement constant et sans faille des agents de la direction du patrimoine et de l’immobilier pour permettre la réalisation des travaux sur un site qui continuait d’accueillir des milliers d’étudiants mais aussi des personnels des bibliothèques et de la culture qui pendant trois ans se sont adaptés pour proposer des services documentaires et des manifestations culturelles malgré la fermeture de leur outil de travail. Comme les étudiantes et les étudiants et les équipes pédagogiques, ils furent dans tous les discours mais aussi les grands absents de cette inauguration.

Retour sur les enjeux de cette opération immobilière à 23 millions d’euros

Après des années de dégradation (filets anti-chute de pierres, infiltrations, passoire énergétique), la première tranche de travaux sur les Tanneurs permet de sécuriser 7 500 m² sur les 23 000 m² du site historique et de moderniser des espaces clés : entrée principale, hall, amphithéâtres, bibliothèque universitaire et façades sur la Loire.

Pour la CFDT, ces travaux, financés à hauteur de 22,8 millions d’euros par l’État, la Région, l’université et la Métropole, répondent enfin à des alertes répétées sur la vétusté des locaux, les risques pour les usagers et les surcoûts énergétiques. Ces travaux mettent fin à près de 40 ans de débat sur l’avenir du BU – dans les années 90, un projet d’installation de la BU au Sanitas était sur la table ou sur l’avenir du site des Tanneurs où un temps il était envisagé de déplacer les Tanneurs vers le Plat d’Etain.

Des améliorations concrètes pour les étudiant·es et les personnels

La rénovation de la BU (nouvel accès Loire, espaces de co‑working, salles de formation, amélioration de la lumière et du confort) et la reprise des amphithéâtres et des circulations améliorent nettement les conditions d’étude et de travail.

La meilleure isolation et les nouveaux équipements doivent permettre une baisse d’environ 30% des dépenses d’énergie, ce qui est une bonne nouvelle à la fois pour le budget de l’université et pour la transition écologique du service public.

Une inauguration qui ne doit pas masquer les besoins restants

Pour la CFDT, cette inauguration ne peut pas faire oublier que seule une partie du site est traitée : deux tiers des bâtiments restent à rénover, pour un besoin estimé à près de 67 millions d’euros rien que pour le bâtiment principal, le plus dégradé et le plus énergivore. Le recours envisagé à l’emprunt (Banque des Territoires, Banque Européenne d’Investissement) et l’inscription au prochain contrat État–Région doivent s’accompagner de garanties fortes : pas de dégradation des emplois, des effectifs ou des services aux usagers pour « boucler » le financement.

Faire des Tanneurs un symbole d’un service public renforcé

Pour la CFDT, le chantier des Tanneurs est un symbole : celui d’une université qui investit pour son avenir mais qui reste confrontée à un sous-financement structurel et à des arbitrages budgétaires lourds.

Le financement du bâti dans l’Enseignement supérieur et la Recherche est un axe revendicatif porté par la CFDT.

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