L'université de Tours connaît une situation inédite. Devant une sous dotation structurelle, la CFDT appelle à agir.
Acte 1 : la lettre ouverte pétition.
Lettre ouverte pétition
Pour la transparence financière, la défense des emplois et la qualité du service public universitaire
Les documents présentés à la commission des moyens du 18 septembre 2026 traduisent une réduction préoccupante des marges de manœuvre budgétaires de l’établissement. Ils relèvent que le ratio de masse salariale atteint 85,06%, contre 83,84% au budget initial, dépassant ainsi le seuil prudentiel de 83%. Cette situation ne saurait être imputée aux personnels, dont le travail est indispensable à l’accomplissement des missions de formation, de recherche et de service public.
La CFDT constate que les données relatives à l’évolution de la masse salariale restent insuffisamment explicitées. Les variations observées peuvent notamment résulter des promotions, des retours de détachement, des concours, des recrutements ou encore des recrutements réalisées depuis six mois. Or, selon les éléments communiqués, ces évolutions n’ont fait l’objet d’une présentation suffisamment détaillée ni devant le conseil académique, ni devant la commission des moyens et n’est pas à l’ordre du jour du CSA.
La CFDT considère que l’augmentation du nombre d’emplois ne peut être appréciée uniquement à travers le volume global des plafonds autorisés. Elle doit être mise en regard de la nature des emplois, de leur financement, de leur pérennité, de leur répartition entre composantes et services, ainsi que des besoins réels d’encadrement des étudiants et d’accompagnement des personnels.
La CFDT souligne enfin que les éléments présentés font apparaître une situation de sous-dotation structurelle. La masse salariale du plafond 1 est évaluée à 177,720 millions d’euros, alors que la part correspondante de la SCSP (subvention de l’Etat) s’élève à 175,301 millions d’euros. La masse salariale représente ainsi 91,22% de la SCSP, et atteint 101% lorsque la masse salariale du plafond 1 est rapportée à la SCSP dédiée à la seule masse salariale. Cette situation est inextricable !
Elle confirme que les difficultés rencontrées par l’université ne peuvent être résolues par la seule maîtrise de la masse salariale, par le gel d’emplois, par le recours accru aux ressources propres ou par une pression supplémentaire sur les personnels. Elle appelle un engagement renforcé de l’État afin de garantir le financement pérenne des missions de l’université.
La CFDT demande que le Comité Social d’Administration soit saisi au regard de ses prérogatives
- D’une analyse détaillée de l’évolution des emplois sur les cinq dernières années, par composante, service, catégorie de personnels, nature du contrat et source de financement.
- De fournir une présentation complète et documentée de l’évolution de la masse salariale sur les trois dernières années en mettant en parallèle les modalités de financement (SCSP et ressources propres)
- De présenter au CSA la campagne d’emplois 2027 dans une approche pluriannuelle, permettant d’identifier les emplois créés, supprimés, transformés ou redéployés, ainsi que leur caractère pérenne ou temporaire.
- De communiquer la réalité des taux d’encadrement des étudiants par formation qui impactent directement les conditions de travail des enseignants et des enseignants-chercheurs.
- De ne pas engager de mesures ayant pour effet de dégrader les conditions de travail ou la qualité du service public, notamment par la réduction non concertée des effectifs, l’augmentation des charges de travail, le recours accru à la précarité ou la diminution des moyens consacrés à l’accompagnement des étudiants.
- D’associer pleinement le CSA et sa formation spécialisée aux décisions ayant un impact sur les emplois, l’organisation du travail, les conditions de travail et la santé des personnels, conformément aux compétences de l’instance.
- De solliciter de l’État une revalorisation significative et pérenne de la subvention pour charges de service public, à la hauteur des missions exercées par une université pluridisciplinaire ainsi que des besoins liés à l’accueil des étudiants, à la recherche et aux coopérations internationales.
La CFDT considère que la transparence budgétaire et la qualité du dialogue social constituent des conditions indispensables pour construire une trajectoire soutenable pour l’Université de Tours.
La CFDT refuse que les personnels soient rendus responsables d’une situation financière qui résulte d’abord d’un financement insuffisant des missions de service public et d’une compensation incomplète des décisions nationales imposées aux établissements.
La CFDT demande que les choix budgétaires soient débattus de manière transparente, sur la base de données complètes, contradictoires et accessibles aux représentants des personnels.
Elle réaffirme que la maîtrise de la situation financière doit passer prioritairement par :
- un financement public à la hauteur des missions ;
- une campagne d’emplois répondant aux besoins réels des composantes et services ;
- la résorption de la précarité ;
- la protection des conditions de travail ;
- une analyse partagée de l’offre de formation ;
- la garantie d’un service public universitaire de qualité.
Je soutiens la lettre pétition de la CFDT Education Formation Recherche Publiques.
