Faire vivre le débat et construire une mobilisation collective

La faiblesse de la dotation de l’État dégrade les conditions d’études des étudiantes et des étudiants ainsi que les conditions de travail des personnels.
À l’université de Tours, la gouvernance et les organisations syndicales dénoncent depuis plusieurs années l’insuffisance des moyens accordés à l’

Dans ce contexte de mobilisation, la direction de l’université organise une consultation sur les modalités d’actions qui empêchent l’accès à plusieurs sites universitaires.

Cette consultation comporte également deux questions concernant la faiblesse de la dotation de l’État et ses conséquences.

Pour la CFDT, cette démarche doit permettre de discuter à la fois des difficultés de notre université, des revendications à porter et des moyens d’action. Le débat ne doit pas se limiter à une opposition entre partisans et adversaires des blocages : il doit aussi permettre de construire des perspectives communes pour obtenir les moyens dont nous avons besoin.

Donner toute sa place au débat étudiant

Les étudiantes et les étudiants doivent pouvoir s’exprimer sur les formes de mobilisation qui concernent leurs conditions d’études et leur vie à l’université. La consultation peut contribuer à cette expression, à condition de s’accompagner d’une information claire et de possibilités réelles de débat.

Consulter et débattre sont deux démarches complémentaires.

La consultation permet de recueillir des positions ; le débat permet d’en comprendre les raisons, de confronter les arguments et de faire émerger des propositions.

L’enjeu n’est pas d’effacer les désaccords, mais de permettre à chacun et chacune de participer à une réflexion collective.

Dans cette perspective, la CFDT regrette que les élu·es de la Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) n’aient pas pu discuter de cette consultation en amont et qu’aucune information n’ait été présentée lors de la séance du 13 octobre 2026. Ce regret ne remet pas en cause l’intérêt de consulter les étudiantes et les étudiants. Il souligne la nécessité d’associer leurs représentant·es à la préparation de cette démarche et de mieux articuler expression directe, débat collectif et travail des instances universitaires.

Mobiliser les espaces de dialogue de l’université

Pour favoriser un débat constructif et enrichissant, nous proposons d’organiser des rencontres entre étudiant.e.s et personnels.

Ces temps de discussion permettraient :

  • de partager une information accessible sur la situation financière de l’université et ses conséquences concrètes ;
  • d’entendre les expériences, les préoccupations et les propositions des membres de la communauté universitaire ;
  • de débattre des blocages et des autres formes de mobilisation, de leurs objectifs et de leurs effets ;
  • de dégager des revendications communes et de préciser les suites à leur donner.

La qualité de cette démarche suppose que les différents points de vue puissent être exprimés et discutés, y compris lorsqu’ils s’opposent.

Elle suppose également que les propositions formulées soient prises en considération et que les suites données aux échanges soient rendues visibles.

Construire des revendications communes pour l’université de Tours

Au-delà de la consultation sur les blocages, comment faire entendre les besoins de notre université et obtenir un engagement de l’État à la hauteur de ses missions ?

La CFDT propose de construire un cahier de revendications partagé pour l’université de Tours, en préférant l’organisation des assises locales de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Cette proposition s’inscrit dans le prolongement de la démarche présentée dans le Livre blanc des assises pour l’université et pour la recherche.

Ces assises auraient vocation à réunir les étudiantes et les étudiants, les personnels, leurs représentant·es et la gouvernance pour confronter les constats, identifier les besoins et définir des priorités communes.

L’objectif serait de donner une traduction concrète à la mobilisation : des revendications explicites, des interlocuteurs identifiés et des actions discutées collectivement.

Affirmer notre position sans fermer le dialogue

La CFDT est opposée aux blocages. Elle défend des formes de mobilisation qui permettent de faire entendre les revendications tout en préservant l’accès aux espaces universitaires et la possibilité, pour chacun et chacune, de poursuivre ses activités et de participer au débat.

Cette position ne signifie ni le refus de la contestation ni le choix de l’inaction. Assemblées générales, débats publics, pétitions, délégations, rassemblements, grèves et interpellations des décideurs constituent autant de moyens de rendre les difficultés visibles et de construire un rapport de force.

Nous défendons une mobilisation déterminée et respectueuse des personnes, capable d’accueillir les désaccords et de rechercher des convergences.

L’université doit rester un lieu où l’on peut contester, argumenter et élaborer ensemble des réponses aux difficultés collectives.

Tout en défendant le droit à la contestation et à la liberté d’expression, la CFDT rappelle avec fermeté que la préservation de nos locaux et équipements universitaires est une condition sine qua non à la tenue des activités d’enseignement et de recherche.

Les récents évènements survenus dans d’autres établissements universitaires (notamment les dégradations et saccages lourds observés au bâtiment Censive de Nantes Université) témoignent de la rapidité avec laquelle un outil de travail collectif peut être rendu inexploitable pour de nombreuses semaines. Ces destructions fragilisent la réouverture des sites, inquiètent la communauté universitaire et détournent des moyens financiers déjà insuffisants au détriment des conditions de travail et d’étude de toutes et tous.

C’est pourquoi la CFDT appelle à des modalités d’action qui préservent l’outil de travail commun et refusent fermement toute logique de dégradation ou de vandalisme.

Notre désaccord avec les blocages ne doit pas empêcher le dialogue avec celles et ceux qui les soutiennent.

Les divergences sur les moyens d’action ne doivent pas non plus masquer les préoccupations que nous pouvons partager concernant l’avenir de l’université.