La sortie de la sous-administration chronique n’est pas pour demain

Lors du comité social d’administration du ministère de l’Éducation Nationale (CSAMEN) du 26 janvier 2026, une partie seulement du schéma d’emplois administratifs pour la rentrée 2026 a été présentée.

Au moment où nous écrivons cet article (6 février 2026), nous ne disposons toujours pas de la répartition entre académies des 80 emplois administratifs créés qui seront implantés dans les services déconcentrés.

Emplois administratifs dans les EPLE : répartir la pénurie

Le budget de l’État ne prévoit aucune création d’emplois administratifs dans les collèges et lycées. Or, il y a des ouvertures d’établissements… Le ministère en est donc réduit à répartir la pénurie afin d’implanter deux équivalents temps plein (ETP) dans chaque nouvel établissement (EPLE). Cela amène à supprimer le même nombre d’ETP ailleurs. Des académies et EPLE perdent donc des emplois dès lors que, pour le ministère, des critères tels que la taille des établissements, la présence ou pas d’une agence comptable, la composition sociale du public accueilli, la ruralité, les régimes sociaux des élèves ou la nature des formations proposées dans l’établissement font apparaître une « surdotation relative » par rapport aux autres.

Pour la CFDT, cette logique de répartition de la pénurie n’est pas satisfaisante.

Nous avons interpellé le ministère sur le fait que ses outils de prise de décision n’intègrent pas du tout des indicateurs de conditions de travail. Or nos alertes sont nombreuses concernant la charge de travail, les conditions de travail, les risques psychosociaux. Ces mêmes alertes alimentent aussi l’activité des formations spécialisées santé, sécurité et conditions de travail. Le ministère ne peut pas détourner le regard sur ces enjeux. Les conséquences négatives du déploiement d’Op@ale ne sont pas encore du passé pour l’ensemble des agent·es et elles laisseront des traces quoiqu’il arrive.

80 créations nettes d’emplois dans les services déconcentrés : une éclaircie

Emplois administratifsLors du CSAMEN du 26 janvier 2026, le ministère n’était pas en mesure de nous présenter la répartition académique des 80 équivalents temps plein créés pour être implantés dans les services déconcentrés académiques et départementaux. Ces créations sont une bonne nouvelle compte tenu de la sous-administration chronique des services déconcentrés de l’Éducation nationale. Pour autant, cela ne permettra pas d’atteindre dans toutes les académies des dotations en cohérence avec la charge réelle de travail.

C’est donc une éclaircie, mais sans stratégie dans la durée de renforcement humain des services déconcentrés. La sous-administration risque hélas de perdurer.

Le ministère a pu nous présenter le redéploiement de 20 équivalents temps pleins entre les services des régions académiques, rendu possible par la fin du service national universel.

La CFDT a interrogé le ministère afin de connaître la répartition des 80 emplois créés. Nous devrions disposer de cette information dans la deuxième quinzaine du mois de février.