PARMi nous … quand la réussite des étudiants nous concerne tous !

Depuis plusieurs mois, une forme d’irrationalité entoure la communication autour d’un projet retenu par le ministère au titre des nouveaux cursus universitaires, le projet Parm. Retour sur un projet contesté par certains.

Plusieurs réunions de présentation du projet PaRM se sont déroulées dans les différentes composantes. La présentation du dispositif a été réalisée par Sandrine Ferrer, maîtresse de conférence en sciences du langage et Cécile Goï, maîtresse de conférence en sciences de l’éducation. Ce projet sur 10 ans et doté d’un budget de 8 millions d’euros a été construit pour répondre à plusieurs problématiques liées à la réussite en licence des étudiants, celles-ci sont de plusieurs ordres :

  • Des questions liées à l’orientation et à l’insertion académique : un lycéen est-il suffisamment informé des attentes des formations auxquelles il souhaite candidater ? Connaît-il les usages et codes académiques de l’Université ? Est-il en mesure d’anticiper le travail qui l’attend ?
  • Des questions liées au sens des études et de leur cohérence avec le projet de l’étudiant : un étudiant fait-il toujours aisément le lien entre son projet (professionnel et/ou académique) et les études qu’il entreprend ?

D’autres questionnements sont tout aussi prégnants et concernent davantage l’enseignement :

  • Le contenu des enseignements, les modalités pédagogiques sont-ils toujours adaptés à la diversité des profils et des projets des étudiants, en formation initiale et en formation tout au long de la vie ?
  • Au-delà des contenus disciplinaires, comment se fait la prise en compte des compétences dans le cadre des études universitaires en licence, garantes de la capacité des étudiants à mobiliser leurs expériences et savoirs dans des situations professionnelles en partie imprévisibles ?

Ces problématiques sont illustrées par les éléments du contexte local et national, que sont le taux de passage en L2 : la « déperdition » des étudiants entre ces deux niveaux qui témoigne des problématiques liées à la fois à l’orientation et à l’insertion académique mais qui relève aussi de la compréhension par l’étudiant de la cohérence entre son projet et ses études.

Le projet prévoit d’accompagner les équipes pédagogiques dans une évolution ou une transformation de l’acte pédagogique en s’appuyant sur de nouvelles ressources et de nouveaux moyens humains autour des conseillers pédagogiques.

  • S’agit-il d’uniformiser les modes d’apprentissages ? Non !
  • S’agit-il d’imposer un modèle d’enseignement aux équipes pédagogiques ? Non !
  • S’agit de remplacer les enseignants-chercheurs ? Non !
  • S’agit-il d’accompagner les étudiants les plus faibles ? Oui !
  • S’agit-il de permettre aux étudiants d’avancer plus vite ou de construire des projets de double diplomation ? Oui !
  • S’agit-il d’aider les enseignants-chercheurs dans la mise en place de nouveaux outils pédagogiques ? Oui !

Nombreux s’interrogent sur ces évolutions, expriment leur réticence au déploiement de nouveaux outils autour de l’enseignement à distance ou du recrutement de contractuels pour accompagner le projet. Ils expriment également leur incompréhension entre l’abondement par l’Etat de moyens financiers conséquents sur ce projet et la difficulté pour organiser de manière décente les enseignements en licence. Ces interrogations sont légitimes.

Pour autant, les enseignements du master des sciences du langage sont-ils un échec ? Le taux de réussite du Master MEEF de musique en FOAD  est-il usurpé ? L’enseignement par la FOAD est une des réponses pour permettre aux jeunes mais aussi aux salariés qui souhaitent une formation tout au long de la vie d’avoir des outils pédagogiques pour progresser et réussir. Elle n’est pas la seule, elle n’est pas unique, elle est complémentaire !

Enfin, certains dénoncent la place, l’apport des ingénieurs pédagogiques ou des conseillers pédagogiques dans la construction, non pas des contenus, mais dans la scénarisation des enseignements. Faut-il toujours être seul et isolé pour construire ses enseignements ? Pourquoi les universités que nous envions souvent par leur richesse scientifique et pédagogique comme les Universités de Montréal, Laval, Louvain, Lausanne … ont intégré depuis longtemps ces nouveaux métiers, ces nouvelles compétences dans le fonctionnement pédagogique ?

Force est de constater que sur ce dossier, si il y a des maladresses dans la communication en direction de la communauté universitaire, il y a aussi beaucoup de mauvaises fois dans les informations communiquées par les uns et les autres depuis plusieurs mois.

Et ces question soulevées ne sont pas nouvelles. Les recherches et publications sont nombreuses. En guise de bibliographie, quelques sélections :

Depover Christian, De Lièvre Bruno, Peraya Daniel et al.Le tutorat en formation à distance. De Boeck Supérieur, « Perspectives en éducation et formation », 2011, 288 pages. ISBN : 9782804163426. DOI : 10.3917/dbu.depov.2011.01. URL : https://www.cairn.info/le-tutorat-en-formation-a-distance–9782804163426.htm

Oliveri Nicolas, Rasse Paul, « Les Mooc et leurs dérivés, ou l’imaginaire des technologies pédagogiques », Hermès, La Revue, 2017/2 (n° 78), p. 110-117. URL : https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2017-2-page-110.htm

Sous la direction de Mohamed Sidir, Communication éducative instrumentée : dispositif médiatisée et leurs acteurs, dans Distances et médiation des savoirs, https://journals.openedition.org/dms/1032