La prime individuelle est liée à la qualité des activités et à l’engagement professionnel des agents au regard de l’ensemble de leurs missions.
La CFDT demande transparence et équité
La RIPEC C3 est la prime individuelle du régime indemnitaire des enseignants‑chercheurs, censée reconnaître la qualité des activités et l’engagement professionnel au regard de l’ensemble des missions définies par le code de l’éducation. Elle ne concerne pas les enseignants du second degré ni les hospitalo‑universitaires, qui restent sur d’autres dispositifs (PEDR résiduelle, primes spécifiques…).
Pour la CFDT, cette prime soulève un double enjeu : mieux reconnaître le travail réel des collègues, mais aussi éviter que ce dispositif accentue les inégalités entre disciplines, composantes et profils.
La RIPEC C3 : un changement de périmètre… mais pas de logique
La RIPEC C3 a permis l’élargissement du périmètre d’évaluation à l’ensemble des missions (enseignement, recherche, responsabilités collectives, diffusion des savoirs, etc.).
[RIPEC 1, RIPEC 2, RIPEC 3 : pour tout savoir sur ces dispositifs]
Pour autant, la logique reste celle d’une prime individuelle, attribuée à un nombre limité de bénéficiaires, pour 3 ans, sur la base d’un dossier très normé. La CFDT rappelle que ce type de prime ne peut pas se substituer à une véritable politique salariale et indemnitaire pour toutes et tous.
Qui peut candidater en 2026 ? Une campagne sous fortes contraintes
Les collègues ayant obtenu une C3 pour trois ans au titre des campagnes 2024 et 2025 sont exclus de fait du tour 2026 ;
Les points clés de la campagne 2026 :
- prime attribuée pour 3 ans, versée mensuellement à 3.500 euros;
- effet au 1er octobre 2026 ;
- évaluation sur les 4 années précédant la candidature (période allongeable en cas de congés).
Le nombre de primes et leur montant sont fixés par le Conseil d’administration, en fonction de la dotation MESR et dans le cadre des LDG indemnitaires de l’établissement. La CFDT sera particulièrement vigilante sur la répartition entre disciplines et composantes et sur le taux de sélection, aujourd’hui opaque pour la plupart des collègues.
Une procédure lourde et très sélective
Les collègues doivent déposer leur candidature dans GALAXIE/ELARA entre le 10 mars 2026 (10h) et le 10 avril 2026 (16h), via un rapport d’activité sur les quatre années de référence, conforme à une trame standardisée. La présidence insiste sur la nécessité de suivre strictement cette trame et de fournir des éléments factuels et quantitatifs, rédigés de manière accessible pour des spécialistes et des non‑spécialistes.
Le parcours du dossier est lui‑même complexe :
- examen par la section compétente du CNU à partir du 4 mai 2026 ;
- examen par le conseil académique restreint à partir du 21 septembre 2026 ;
- décision finale du président, « en tenant compte » des avis et des principes de répartition, au plus tard le 6 novembre 2026.
Pour la CFDT, cette procédure cumule plusieurs risques :
- sur‑valorisation de dossiers maîtrisant parfaitement les codes de GALAXIE au détriment de collègues tout aussi investis mais moins « formatés » ;
- biais disciplinaires ou culturels (valorisation de certains types de production aux dépens d’autres : pédagogie, engagement collectif, international, etc.) ;
- manque de lisibilité sur les critères réellement utilisés, au‑delà de la rhétorique générale sur « la qualité des activités et l’engagement ».
Les revendications CFDT : reconnaissance pour tous, transparence pour la C3
Face à ce dispositif, la CFDT porte plusieurs exigences :
- Transparence complète
- Publication annuelle des chiffres : nombre de candidatures, nombre de primes attribuées, répartition par discipline, par composante, par genre, par grade.
- Clarification des critères de sélection : pondération réelle entre recherche, enseignement, responsabilités collectives, implication dans la vie universitaire (direction de formations, service aux étudiants, égalité, etc.).
- Reconnaissance de toutes les missions
- Refus d’une vision exclusivement centrée sur les indicateurs de publications ou de contrats de recherche.
- Prise en compte effective des missions pédagogiques, de l’engagement dans les tâches collectives (direction de département, responsabilités administratives, pilotage de projets transverses), de l’investissement en faveur de la réussite étudiante.
- Équité entre collègues et entre composantes
- Veille à ce que la C3 ne creuse pas encore davantage les inégalités entre disciplines fortement dotées en projets et celles qui le sont moins.
- Garantie que les petites structures, les disciplines moins visibles ou les profils très investis dans l’enseignement ne soient pas systématiquement lésés.
- Articulation avec la politique indemnitaire globale
- Rappel que la RIPEC C3 ne doit pas servir d’alibi pour ne pas revaloriser les autres composantes indemnitaires (C1, C2) et les régimes indemnitaires de l’ensemble des personnels.
- Exigence d’une politique indemnitaire lisible, qui n’oppose pas les collègues entre eux mais qui améliore les revenus de toutes et tous.
La CFDT restera attentive sur le traitement de la campagne 2026 et sur la transparence des critères et des résultats. Les élus CFDT au CNU et au CAC restent disponibles pour accompagner les collègues qui souhaiteraient déposer un dossier. Nous invitons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous contacter pour échanger ou remonter des situations d’injustice ou d’incompréhension autour de la RIPEC C3.
