Parcoursup révélateur des tensions de l’enseignement supérieur public

Accès aux études, conditions de travail et justice sociale : les enjeux de parcoursup vus par la CFDT Education Formation Recherche Publiques.

Mise en place en 2018, Parcoursup s’est imposée comme la porte d’entrée quasi unique vers l’enseignement supérieur. Chaque année, près de 800 000 candidat·es, lycéen·nes et étudiant·es en réorientation, y formulent des vœux d’orientation.

Pour la CFDT, Parcoursup n’est ni un simple outil technique, ni la source unique des difficultés rencontrées par les candidat·es et les personnels. Depuis son lancement, notre organisation syndicale souligne que la plateforme met au jour des déséquilibres anciens : manque de places dans le supérieur public, inégalités sociales face à l’orientation et pression croissante sur les personnels chargés de faire fonctionner le système.

Parcoursup côté bacheliers : massification, stress et inégalités d’accès

Chaque année, Parcoursup gère environ 7 à 8 millions de vœux, soit en moyenne une dizaine de vœux par candidat·e. Cette accumulation traduit une incertitude forte sur les possibilités réelles d’accès aux formations, en particulier dans les filières universitaires en tension.
Depuis 2018, le nombre de candidat·es sans proposition au début de la phase principale reste significatif : plusieurs dizaines de milliers de jeunes se retrouvent chaque année en attente prolongée, parfois jusqu’à l’été.

Parcoursup côté personnels : un travail invisible mais massif

parcoursupParcoursup repose largement sur l’engagement des personnels des lycées et de l’enseignement supérieur. Professeur·es principaux·ales, PsyEN, personnels de direction, enseignants, enseignant·es‑chercheur·es, personnels administratifs et ITRF sont fortement mobilisés.
Des centaines d’heures de travail collectif sont consacrées à l’examen des dossiers, à la définition des attendus, à l’organisation des commissions et au suivi des étudiant·es, sans reconnaissance statutaire ni compensation suffisante.

Le problème central est le manque de places et de moyens

La majorité des difficultés observées tient à un sous‑investissement chronique dans l’enseignement supérieur public. Les capacités d’accueil en licence restent insuffisantes au regard de la massification, tandis que certains dispositifs d’accompagnement (« parcours oui‑si ») demeurent fragiles faute de moyens pérennes.

C’est pourquoi la CFDT continue de revendiquer :

  • Les moyens de créer massivement des places dans le supérieur public ;
  • la reconnaissance et la compensation de la surcharge de travail des personnels lié à Parcoursup ;
  • Les moyens pour renforcer l’accompagnement à l’orientation dès le lycée ;
  • Une transparence garantie des critères de sélection ;
  • L’association des personnels du supérieur aux évolutions du dispositif.

Parcoursup demeure un outil imparfait mais incontournable. Sans moyens supplémentaires, sans reconnaissance des personnels et sans politique ambitieuse de réussite étudiante, la plateforme continuera à déplacer la pression vers les individus. L’enjeu est désormais de refonder durablement l’accès et la réussite dans l’enseignement supérieur public.